Présentation de l'église de Saint-Augustin : l'édifice
Eléments architecturaux
L’église de Saint Augustin présente une longue nef rectangulaire, prolongée par un chœur à chevet plat et devancée par une travée voûtée d’ogives supportant le clocher.
Cinq chapelles latérales voûtées en berceau ouvrent sur la nef (trois au Sud, et deux au Nord).
Les vestiges de maçonneries soigneusement assisées, conservées sur l’ensemble des élévations, attestent de l’emprise initiale de l’édifice, probablement édifié à la fin du XIIème siècle, voire début du XIIIème siècle comme semblent l’indiquer les contreforts plats couverts d’un simple glacis.
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LE CHOEUR
Les éléments conservés montrent que les murs gouttereaux du choeur étaient épaulés par trois imposants contreforts plats qui furent en partie démolis lors du percement des baies axiales. Cette disposition donne l’image d’un édifice quasi fortifié, probablement faiblement éclairé : aucune trace des baies médiévales ne subsiste dans les maçonneries du choeur, reprises lors du percement des baies actuelles.
Le choeur conserve la trace d’une corniche et du départ d’un berceau maçonné.
LA NEF ET LES CHAPELLES
(d’après : Les chemins du baroque – route des Duhamel – route des Tournié – Histoire et Patrimoine de Corrèze et de ses environs)
Les élévations de nef, profondément remaniées lors du percement des chapelles, sont peu lisibles. La partie la mieux conservée semble être l’extrémité Ouest de l’élévation Sud, actuellement masquée par les appentis bâtis en parpaing.
Les chapelles, toutes voûtées de berceaux, bien que traditionnellement datées du XVème siècle, semblent avoir été élevées par les familles nobles des alentours à des époques différentes allant de la fin du XIVème siècle au XVIIIème siècle, ainsi que semblent l’attester leurs différences stylistiques ainsi que la présence de chaînes d’angle (correspondant peut-être, au Sud, aux anciens contreforts épaulant la nef). Les chapelles Notre Dame du Rosaire et Saint Blaise semblent les plus anciennes : elles conservent en effet une arcature soulignée d’un tore ainsi qu’une corniche basse (bûchée dans la chapelle Saint Blaise) attribuable au XIVème, début du XVème siècle.
La chapelle Notre Dame du Rosaire, associée à une confrérie, est liée au Sieur de Duluc de Mansac.
La chapelle Saint-Blaise, patron secondaire de l’église, appartenait aux Fraysseix de Lafarge.
La chapelle Sainte Catherine conserve une baie rectangulaire chanfreinée ainsi qu’une corniche, située à la base du berceau attribuable au XVème siècle. Cette chapelle appartenait aux seigneurs du Tourondel : d’après l’abbé Poulbrière : « les seigneurs du Tourondel se posaient non seulement en bienfaiteurs mais en fondateurs même de l’église et prétendaient au fait comme au droit de sépulture du moins « la première chapelle, appelée de Sainte Catherine, leur appartenait-elle ». Ils l’avaient fait bâtir, disaient-ils, en 1422 et en avaient rétabli la voûte en 1642, ce qui pourrait servir à dater le lambrissage général de l’église. «
La chapelle Saint Joseph conserve un autel maçonné surmonté de cette curieuse inscription : PCOMPTE MA FAITE FAIRE. Cette inscription renvoie à la famille Compte propriétaire du château de Beyssac depuis le XVème siècle : on trouve mention de Pierre Comte de Beyssac « dans la chapelle qu’il a faite faire dans l’église » Saint-Augustin. La chapelle aurait été édifiée en 1624.
A noter que ces quatre premières chapelles étaient toutes dotées d’un autel maçonné (démoli dans la chapelle Sainte Catherine).
La dernière chapelle Sud, dite du Saint Sépulcre, est liée au château de Leymarie. Elle aurait été bâtie par Guillaume Mas, prêtre filleul de la paroisse. La baie qui semble en place permet de dater cette dernière chapelle de la fin du XVIIIème siècle (chronogramme 1785).
D’après l’abbé Poulbrière (dictionnaires des paroisses du diocèse de Tulle), la chapelle du Saint Sépulcre était celle de la famille Besse propriétaire du château de Leymarie. L’abbé Poulbrière indique avoir « vu à cette chapelle un petit retable en bois avec un Ensevelissement d’un travail grossier, daté de 1558 (cette photo ancienne dans le descriptif du mobilier) aussi l’appelait-on, paraît-il, chapelle du Sépulcre en 1785 ». Il est à noter que si l’antependium semble contemporain de l’édification de la chapelle, le groupe sculpté est antérieur.
Il semble que l’église ait connu une phase importante de remaniement au cours du XVIIIème siècle, époque à laquelle furent repercées l’ensemble des baies des chapelles (à l’exception de la baie de la chapelle Saint Blaise) y compris la porte ouvrant dans la chapelle Saint Joseph. Ces baies en arc segmentaire, caractéristiques de cette époque, portent les chronogrammes 1785 et 1789.
Sans doute charpentée à l’origine, la mise en oeuvre de la voûte de la nef et du choeur aurait été réalisée en 1642, suite à l’effondrement de la voûte du choeur. Cette voûte peut être mise en lien avec celle de l’église de Saint Ybard dont la nef, divisée en deux grandes travées, est couverte de voûtes en bois décorées de nervures et de clefs terminées en pendentifs. Cette réfection exécutée en 1711 et 1719, s’inspire des voûtes antérieures qui s’étaient écroulées en 1618.
LE CLOCHER
Les puissants contreforts situés à la base de la travée Ouest tendent à attester de la présence d’un clocher dès l’origine de la construction, bien que le glacis des contreforts et la partie haute du clocher semblent avoir été reconstruits (probablement au XVème siècle pour les glacis).
Il semble qu’à l’origine, il s’agissait d’un porche, dans l’arcature Nord duquel fut aménagé le portail actuel, probablement au XVème siècle. L’actuelle voûte d’ogive date sans doute également de cette période.